Installations classées : les pressings sous pression.

Un projet d’arrêté relatif aux prescriptions générales applicables aux pressings vient d’être étudié par le Conseil Supérieur des Installations Classées. 

Cet arrêté apparaît comme la suite logique de l’action nationale qui avait été engagée en 2008 afin de vérifier que ces installations respectaient bien les prescriptions de l’arrêté du 2 mai 2002. Or, sur 275 pressings contrôlés, il est apparu que plus des tiers ne respectaient pas la réglementation applicable ! Au-delà des absences de conformité ainsi constatées, un nouvel arrêté était, dans tous les cas, nécessaire au regard de l’utilisation du perchloroéthylène, substance particulièrement dangereuses et cancérigène.
Le danger de la substance peut être constaté à plusieurs niveaux.
Les études de l’INERIS ont révélé des concentrations préoccupantes de perchloéthylène dans les locaux situés au-dessus des pressings. Les pressings sont, par ailleurs, identifiés comme des sources de rejets importants de perchloroéthylène dans l’eau. Certains pressings ont, en effet, l’habitude d’éliminer les boues provenant des machines de nettoyage à sec dans les toilettes. Enfin, le stockage de solvants dans des caves qui, souvent, ne sont pas ventilées et sans que les équipements de protection individuelles puissent être utilisés dans de bonne condition, pose un grave problème de sécurité.
A ce sujet, on se rappellera, d’ailleurs, que tribunal de grande instance de Paris avait condamné un directeur de pressing, qui n’avait pas répondu aux mises en demeure de l'inspection du travail lui enjoignant de mettre à disposition de ses salariés des équipements de protection permettant de prévenir les risques chimiques liés à la manipulation du perchloréthylène,et de procéder dans les trois mois à l'installation d'un système de captation, ventilation et extraction des émissions de toutes les substances toxiques ou irritantes utilisées au sein de son établissement (TGI Paris, 3 déc. 2007, n° 0622690162)
Dans ce contexte particulièrement sensible, puisque environ 5 000 établissements sont concernés en France, le Conseil s’est attaché à vérifier que le projet de texte répondait avec efficience, à toutes ces questions essentielles de sécurité et de salubrité.
Des travaux de développement de produits substitutifs au solvant sont par ailleurs en cours avec des industriels en lien avec le centre technique des pressings.